jeudi 19 octobre 2006
MA VIE DE CINEMA (16ème épisode)
Dans le cinéma...on travaille soit comme une dingue...soit on est au chômage. Et pas question de rentrer à la maison chez papa-maman ! Ils sont quand même à 1.100 km...
Donc, il faut bosser et le plus possible. Parce qu'étant petite nouvelle dans la profession, faut pas croire que j'allais toucher les indemnités chômage comme cela. Nous sommes en Allemagne, pas en France. lol
Donc, je deviens assez vite la petite protégée de Frau Kömpler de l'ANPE des artistes de Berlin (Künstlerdienst). Elle sait que si je suis au chômage entre 2 films, ce n'est pas de gaité de coeur.
Et la voilà qui me propose de participer à un défilé
de mode.
Ca y est ! Claudia Schiffer
n'aura qu'a bien se tenir (enfin à l'époque, elle ne doit pas être encore née !!!)
Mais non ! Même si je suis charmante...je suis bien trop
pulpeuse déjà à l'époque pour lui faire de l'ombre !
Me voilà juste engagée pour la journée comme l'une des habilleuses pour le défilé d'un couturier allemand dont-j'ai-oublié-le-nom !
Allez, hop, on est tout de suite dans le vif du sujet : répétition !
Et comme on m'a vendu comme la super "pro"...me voilà avec 2 mannequins à habiller ! Dont Pascale, une française très sympa et très...maigre !. On aura un peu le temps de papoter pendant les répétitions, ensuite plus vraiment...
Evidemment, je n'ai jamais fait cela de ma vie...mais disons qu'étant dégourdie, je vais m'en sortir plutôt pas trop mal. Je vais jouer aux Barbies
, grandeur nature !
Un portant, moi au milieu et mes 2 mannequins de chaque côté...et hop, la cadence infernale qui commence. 
Pas un moment pour souffler. Puisque lorsque l'une est sur le podium...l'autre est à habiller.
Chaussures, gants, bijoux qui va avec telle tenue...et puis on recommence, on visualise la tenue suivante... Une dizaine de tenues par mannequins...peut-être plus...je ne me souviens plus trop. C'est loin tout cela !
J'ai l'impression d'être Shiva
! A peine le temps de respirer...
Et pas de chance...Pascale a dans ses tenues, une superbe robe en voile...
fermée par une trentaine de minuscules boutons...dans le dos ! Une robe pour femme mariée !!
3 minutes pour se déshabiller, se rhabiller, ne rien oublier !! Un rythme de folle !
Le défilé a duré à peine 45 mn...je suis épuisée.
Les filles sont ravies, l'équipe du couturier, contente.
Pascale pour me remercier, m'offre le bouquet de fleurs
qu'elle a reçu à la fin du défilé.
Tout le monde se sépare et j'ai bien gagné ma journée. Direkt nach Hause ! Ich bin fertig !
mardi 19 septembre 2006
MA VIE DE CINEMA (15ème épisode)
Nous sommes donc au Paris Bar
...et Peter disparait un moment...Il revient complètement excité...
- Viens voir...je vais te présenter à.... Robert de Niro !
- ?!
- Tu ne connais pas Robert de Niro ?
- Heu si...mais c'est quoi cette blague ?
- Mais non, je te promets...viens, je lui ai dit que j'allais lui présenter une amie française !
- ?! Perplexe, mais gentille, je le suis...
Et là...la surprise de ma vie ! La star des stars...Robert de Niro en face de moi...Il ressemble à l'époque à celui qu'il était dans Voyage au bout de l'Enfer et Raging Bull...Avec vous savez, ce petit sourire en coin...si craquant ! Ahhhhhhhhhhhhh
Je me souviens qu'il était assis à la grande table ronde qui se trouvait à gauche en entrant près de la vitrine du Paris Bar. Et à côté de lui...Martin Scorsese !
Reconnaissable entre tous grâce à ses sourcils !
Je suis sur un petit nuage...je me sens ridicule, complètement gourde...je ne sais plus un mot d'anglais...AU SECOURS !!
Et Peter, pas gêné pour deux sous..qui vire le type qui était assis à côté de Robert (sans doute un journaliste) pour s'asseoir à coté de lui...et qu'il te raconte des bêtises, et qu'ils rigolent tous les trois.
Et Peter qui me fait signe de m'approcher et de venir m'asseoir à côté de lui... Je voudrais disparaître...qu'est ce que vous voulez que je leur dise à ces deux monstres sacrés ?
"J'adore ce que vous faites ?" C'est d'un banal...
Je prèfère leur serrer la main (j'espère qu'au moins, je n'avais pas les mains moites !!) en rougissant et en balbutiant un "Good Evening, nice to meet you"... Et Peter qui leur raconte ma vie !! Oui, elle est parisienne et travaille avec moi sur le tournage d'un film...c'est mon habilleuse préférée et patati-patata...
Vite, vite que le grand trou noir m'aspire !
Ouf...je rejoins ma table, toute tremblotante...en ayant l'impression d'avoir été nulle de chez nulle !!
Ca fait quand même beaucoup pour une seule soirée, non ?
J'ai du bien dormir cette nuit là...(dans les bras de Robert ?) lol
Tous les autres épisodes précédents sont ICI
lundi 18 septembre 2006
MA VIE DE CINEMA (14ème épisode)
Est-ce que je vous ai raconté ma rencontre avec Robert et Martin ? Non ? Bon allez, on y va ...
Je devais tourner le film avec Peter Fitz
et Judy Winter
, c'était bien, puisque c'était à Berlin. Alors quand nous avions le temps, hop petite virée le soir.
Je voyais souvent Peter, que je trouvais un excellent acteur. Il faisait d'ailleurs partie de la troupe de la Berliner Schaubühne, crée par Peter Stein et considérée comme "le sanctuaire du théatre contemporain allemand". Elle se trouvait jusqu'à 1981 à la Halleschen Ufer et maintenant sur la Lehniner Platz. Tout à beaucoup changé...
J'y découvrirai d'ailleurs la fameuse "Orestie d'Eschyle"
...spectacle de....7 heures !! (Ce spectacle, par sa durée, son envergure et l'ambition qui le mène, représente sans doute ce que le théâtre a produit de plus puissant ces années là, dixit la presse...).
Heureusement, Peter qui joue dans la pièce, me prévient et me dit d'apporter un coussin pour mes...fesses !! C'est tout en allemand...et avouons-le...un peu...soporifique...je n'attends que LA scène où doivent se déverser des litres de sang !!
Bon, pourquoi je vous raconte tout cela ? J'écris un peu au fil de l'eau...
Donc, nous allions parfois au "Paris Bar" (au 152 de la KantstraBe).
Normal d'emmener là, une vraie parisienne qui travaille dans le cinéma, car c'est un peu à l'époque (peut-être encore maintenant ?) le lieu de prédilection de la profession. Maintenant, cela a aussi changé...il y a un bar ET un restaurant. Avant tout était mélangé et la salle plus petite.
Donc, un soir nous y allons Peter et moi, et c'est bondé comme toujours, mais là encore plus que d'habitude...Peter est un habitué et nous trouve une petite table dans le fond.
Il va, il vient...un acteur c'est toujours en action...Et que je te serre des mains, et que je te fais la bise (on s'embrasse moins en Allemagne qu'en France, mais dans le cinéma...c'est monnaie courante partout ! Et des "Comment vas-tu ma chérie"...et "je t'appelle", et "on se rappelle" ...!!). Je me bidonne toute seule à le regarder...
Le voilà ensuite qui m'ammène à notre table quelqu'un que je ne connais pas, mais dont le visage ne m'est pas inconnu. Normal, ils se ressemblent...comme des frères.
Je fais donc la connaissance du frère de Bruno Ganz...
Ne me demandez-pas son prénom...je n'en ai hélas plus aucun souvenir.
De quoi avons-nous discuté ? Sans doute de Paris, la France, le Théatre, le cinéma... Curieusement, je suis un peu intimidée car je connais (enfin au cinéma) son frère l'acteur...qui je le rappelle n'est pas allemand mais suisse.
Mais Robert et Martin, me direz-vous ?
Hihi...suspense !! Vous saurez tout...Bientôt !!
lundi 4 septembre 2006
MA VIE DE CINEMA (13ème épisode)
La Saga de l'été n'est pas terminée...mais je n'ai pas eu trop le temps de continuer. Patience...
En attendant, bonne rentrée à toutes et à tous.
Surtout à nos louloutes et loulous ! 



Un petit Souchon, pour nous mettre dans l'ambiance
Pour celles et ceux qui ont raté les 12 épisodes précédents...c'est ICI
Que je vous raconte...
...quand je me suis retrouvée...
enfermée !
Quand j'y pense...j'en rigole...
mais ce n'était pas très rigolo !
Nous voilà sur un lieu de tournage...comme d'habitude. Tout se passe bien...jusqu'à la pause déjeuner. 
Evidemment, la garderobiere a encore du travail quand tout le monde est déjà parti. Ranger les vêtements, les repasser au cas où pour la prise de l'après-midi...bref, au moment d'aller déjeuner...je me rends compte que je suis restée seule
et enfermée !
Mais cela ne serait pas si drôle à raconter...si l'endroit n'avait été un peu original.
Oui j'avais bel et bien été enfermée dans une...église ! Notre garderobe ayant été installée dans la sacristie...personne n'avait fait attention à moi.
Que faire ? J'ai dû paniquer
5 mn en me voyant enfermer à double tour, rigoler 5 mn devant le comique de la situation, être triste 5 mn parce qu'ils m'avaient tous lâchement abandonnée...et puis le reste du temps, j'ai dû prendre mon mal en patience et j'ai dû en profiter pour méditer. Que faire d'autre dans une église, je vous le demande...
Pas de téléphone portable à l'époque...donc personne qui appeler. J'ai frappé 10 bonnes minutes (plus ? moins) après la grosse porte de l'église...mais personne n'a entendu.
Casser un vitrail
? Non quand même !!
J'ai quand même eu la grosse tentation de trouver l'escalier qui menait aux...
cloches. Et puis je n'ai pas osé !
J'ai des tendances claustro...mais en me raisonnant, j'ai réussi à ne pas trop y penser. Pourtant une église, c'est grand, sombre
, bref pas très gaie.
Au bout d'un temps, qui m'a semblé vraiment interminable...ils sont revenus, la bouche en
. Un peu étonnés de me voir DEJA là...mais sans plus, hein... Dans le ciné, on est cool et blasé
, ça le fait ! Certains me pensaient partie déjeuner, d'autres avec untel ou unetelle...
C'est là que finalement, on s'apperçoit que nous ne sommes pas grand chose...
Dans tout cela...je n'avais pas eu de pause déjeuner et j'étais
affamée !!
J'ai dû quand même un peu leur faire la tête
une partie de l'après-midi, nan mais !!
Qu'auriez-vous fait à ma place ?
jeudi 3 août 2006
MA VIE DE CINEMA (12ème épisode)
En parlant de boue...il faut que je vous parle de cette fameuse bagarre qu'il y avait dans une des scènes tournées.
Nous tournions sur l'Ile de Sylt...Qui connait l'ile de Sylt parmi vous ? Allez, on lève le doigt !!!
La voilà, cette jolie île de Sylt, qui est la plus grande des îles de la Frise allemande. Elle fait 40 km de long et est la destination préférées des riches habitants de Hamburg pour le week-end.
On y accède par une digue (Hindenburgdamm que j'ai dessiné en rouge sur la photo) et sur laquelle se trouve une voie ferrée. On ne peut y aller qu'en auto-train.
C'est très amusant de se retrouver sur cette
digue !
Nous y avons tourné plusieurs jours...peut être plus d'une semaine même. C'est un de mes souvenirs préférés...
Le cadre est très joli, on se croirait en vacances...
...mais nous, on va y travailler au moins 50 heures par semaine !
Revenons donc à nos moutons...
Dans le script, bagarre entre Nicolas et Peter ! Je ne sais plus pourquoi...une histoire de femme, sans doute...et voilà mes 2 acteurs et surtout les costumes dont je suis responsable, en train de se battre
dans la boue !! La bagarre a été filmée en une seule prise (ouf), mais le lendemain matin aux aurores...le manteau du dit Nicolas, devait être aussi propre qu'avant la bagarre. Je vous ai déjà expliqué qu'on ne tournait jamais de façon chronologique !
Je suis donc chargée de prendre la voiture du régisseur, et d'aller à la ville la plus proche (dont je connais à peine le chemin) dans une voiture Audi
à boite automatique (jamais conduit cela de ma vie !!) et évidemment garée dans le mauvais sens, sur une route qui fait la longueur de ma voiture ! Tout cela avec un stress chevillé au corps, de ne pas trouver de teinturerie qui veuille bien me laver ma loque boueuse pour demain matin...
Première étape...faire demi-tour sur une route minuscule, au milieu de nulle part
, ce qui n'est pas l'idéal pour se familiariser avec la boite automatique. Avec le recul, je me demande comment je suis arrivée entière jusqu'à la teinturerie !
J'arrive enfin...un peu gênée du tas de boue
que je dois confier. Mais la dame est charmante, et puis je baratine..."équipe de cinéma, manteau d'un acteur"...et c'est fou ce que cela peut vous ouvrir comme portes ! Je devrais réessayer parfois...
Finalement, le matin à l'ouverture du magasin j'ai pu récupérer mon manteau propre comme un sou neuf, comme si il ne lui était rien arrivé...
Ca peut paraître une aventure insignifiante, mais à 19 ans, pour son premier job,(abandonnée de tous (snif...j'aime faire pleurer dans les chaumières...), loin de chez moi (re-snif), la faim au ventre - oui, là j'en rajoute un peu...ça fait mieux dans l'histoire, non?), on a envie de faire ses preuves et de prouver qu'on a eu raison de vous faire confiance.
MA VIE DE CINEMA (11ème épisode)
Pour les épisodes précédents de la "Saga de Do" de l'été , c'est ICI
On continue au fil de mes souvenirs...entre temps Fritz a changé,(Ca c'est pour les curieuses)......et s'appelle Otto et travaille aussi dans le ciné (pas leurs vrais noms !). Lol.
D'ailleurs, y a que dans les films que les allemands s'appellent Otto ou Fritz !.) Les allemands que je connais s'appellent tous Manfred, Ulrich, Holger, Christian, Bernd, Stefan, Thomas, Michael,...
J'avais envie de vous parler des "ennemis" des tournages...Si, vous savez, le truc qui fait que tout le monde est prêt, que la prise est géniale, mais qui fait que quand même faut la refaire !! Et souvent 30 fois de suite...si, si cela arrive et même plus !
Les animaux...hum ! Cette fichue colombe
ou pigeon voyageur (je ne suis pas une spécialiste) qui doit se poser sur la table devant l'acteur... Cette fichue bestiole (d'habitude j'aime bien les bêtes) mais quand vous voyez la nuit qui tombe en plein été (donc tard) et que le lendemain vous avez rendez-vous à 6heures du matin pour habiller vos 50 figurants...vous vous demandez quand même si vous allez arriver à avoir une chance de dormir un peu. Et là, vous détestez les bestioles, volantes, à pattes, rampantes et autres !
Coup de chance...au bout de la 150ème fois...la bestiole finit par atterrir sur...l'épaule
de l'acteur. Le caméraman qui est un pro arrive de justesse à l'avoir dans son champs ! Ouf, une demie nuit de sommeil sauvée.
Les voitures...Je ne donnerai pas la marque...mais c'est celle de mon frère ! lol Et pourtant plutôt habituée aux temps humides vu son pays d'origine. Et bien, cette cochonnerie de mécanique
ne démarrait jamais quand il le fallait...
Et pour couronner le tout, j'ai même eu droit à une panne
de char...
Et il y a dû aussi avoir bon nombre de voitures embourbées...Vous savez de celles qu'on vous demande de pousser
comme une brute, avec le reste de l'équipe disponible...et qui une fois fois repartie, vous laisse le nez et le reste, dans la boue !
J'ai eu la chance de ne pas tourner avec
des enfants...mais comme le disait un producteur de ma connaissance "Les enfants...allez jouer sur l'autoroute !!"
Alors quand je vois des animaux, des véhicules de toutes sortes et des enfants dans les films...je pense à toutes les difficultés de l'équipe avant d'avoir "tout dans la boite" !
Je vous le dis...c'est pas un job de tout repos...
vendredi 28 juillet 2006
MA VIE DE CINEMA (10ème épisode)
Travailler dans le cinéma n'est déjà pas banal et il peut aussi vous arriver des choses pas banales par la même occasion. Normal me direz-vous...
A force de me triturer les méninges pour rassembler mes souvenirs...il m'arrive que certaines anecdotes me reviennent...
Que je vous parle de mon voyage manqué !
Quand j'étais en Allemagne et que j'y travaillais, je ne rentrais évidemment pas tous les 4 matins chez moi en France (je dis chez moi, car je ne me suis jamais senti tout à fait chez moi à Berlin - sans doute aussi à cause de sa situation TRES particulière, je vous parlerai de Berlin plus tard...).
D'abord parce que je n'avais pas trop le temps, qu'il me fallait me déclarer en congés auprès de l'ANPE des artistes et que surtout cela coutait cher !
Prendre le train qui faisait Paris-Moscou pendant 11 heures d'un interminable voyage dans un train glauque à travers une "riante"
RDA...fallait quand même être motivée. Surtout avec toutes les bidasses avinées qui fêtaient la quille.
Donc je me payais une fois dans l'année l'avion pour rentrer voir ma famille où mes parents venaient me voir en voiture
(1.100km quand même, SANS connaître un mot d'allemand et en plein pays communiste. Je peux vous dire que cela ne rigolait
pas les contrôles à la frontière
).
Et là...tournage près de Köln (Cologne pour les non deustchsprechende) sur un petit aéroport privé pour les besoins du film.
2 jours de tournage assez bruyant (normal avec des avions) mais très sympa.
Et voilà ti pas que le pilote...
je crois me souvenir qu'il s'appellait Philip Meyer (j'ai très longtemps gardé sa carte de visite), me propose de m'emmener le lendemain au Bourget pour voir mes parents !
Evidemment, je saute de joie, j'appelle mes parents pour leur demander si ils peuvent être très tôt au Bourget, qu'on aura juste le temps de prendre un café
, mais que c'est toujours cela de pris. On peut se passer de moi sur le tournage malgré le fait que je sois strictement indispensable...lol !
Mais voilà...nous repartons sur Cologne pour le reste du tournage...et comment faire les 80 km qui me sépare de l'hôtel à l'aéroport ? Pas les moyens de me payer un taxi pour l'aller-retour. Tout le monde a besoin de sa voiture pour travailler, transporter son matériel...Le chauffeur de production a autre chose à faire que d'emmener la petite garderobiere pour faire du tourisme.
Bref, j'ai un avion
pour m'emmener à Paris, mais pas de voiture pour faire le trajet hôtel-aéroport. Rageant, non ? Je crois que cela a vraiment dû me marquer...pour que je m'en souvienne encore.
J'ai eu quand même droit à mon tour d'avion puisque le pilote a galamment proposé une ballade aux femmes
de l'équipe et au metteur en scène. Rien à voir avec les airbus et autres boeing que l'on a l'habitude d'emprunter.
Là, vous sentez vraiment que vous volez
...et les trous d'air sont réellement des gouffres ! Je soupçonne aussi le pilote d'avoir voulu impressionner un peu les filles de l'équipe (la scripte, la maquilleuse l'accessoiriste et l'habilleuse ! Ben oui, y a pas que les français un peu frimeurs...
lundi 24 juillet 2006
MA VIE DE CINEMA (9ème épisode)
Un de mes plaisirs fut d'être parfois figurante dans le film que je tournais...
Après avoir maquillé les actrices
du film...je devais parfois faire partie du plan. Evidemment cela coutait beaucoup moins cher à la production et c'était tellement amusant de nous voir déguisées ! Cela faisait toujours beaucoup rire l'équipe et les "victimes".
J'ai donc été tour à tour mangeuse de frites, conductrice à contre sens sur l'auto-route, jeune fille "Bidermeier"
avec la scripte du film (dommage on ne voit pas mes superbes macarons tressés sous mon chapeau)...
...et lavandière alsacienne sur un tournage de 3 semaines à Riquewihr, superbe petite ville alsacienne.
Seul souci...les jeunes alsaciens ne parlent plus l'alsacien ! Et nous devions souvent faire appel à eux pour figurer dans les prises et l'on me demandait souvent de jouer les interprètes.
Un jour, nous avions à tourner une scène au lavoir. Mais le bruit du ruisseau entre le lavoir et l'autre rive était tel que l'on m'a demandé de me mettre au milieu des autres lavandières pour leur expliquer que faire.
Je vous la met en grand celle-là...parce qu'elle me fait trop rire.
J'ai vraiment la tête de l'emploi en bonne paysanne rebondie, serrée dans son corsage. D'ailleurs, le caméraman m'avait appelé "Rollmops"
quand il m'avait vu accoutrée ainsi (comprenne qui pourra !!).
Nous devions laver un drap et plus je lavais mon drap, plus il devenait vert, sali par la vase
. Normal, le lavoir n'était plus utilisé depuis des années... Quelle crise de rire ! 
Vous me trouvez comment en lavandière ?
vendredi 21 juillet 2006
MA VIE DE CINEMA (8ème épisode)
N'oubliez pas de cliquer sur les liens pour en savoir plus...
Le job de garderobiere marche avec celui de maquilleuse (Maskebildnerin)...
Nous arrivons ensemble et nous repartons ensemble. Premiers arrivés et derniers partis.
Nous avons affaire aux comédiens de façon privilégiée. L'équipe maquillage encore plus même...
Qui va faire que l'on ne verra pas à l'écran cet horrible bouton juste sur le nez de
l'acteur principal ?
Qui fera qu'on ne verra pas trop que telle actrice "quineveutpasdiresonâge" commence à avoir des
rides ? Ou que l'acteur playboy commence à se
...déplumer !
Le maquillage pour le cinéma n'est pas du tout celui que l'on utilise tous les jours.
Le fond de teint est beaucoup plus couvrant...on ne pourrait d'ailleurs pas sortir avec ! C'est une vraie couche épaisse...
En cherchant des infos sur le job de maquilleur, j'ai curieusement retrouvé un des maquilleurs
avec qui j'ai travaillé.
Il est maintenant à la tête d'une grande école de maquillage berlinoise...Le monde est petit.
Il a un peu changé et perdu quelques cheveux...Sa moustache est toujours là !!
25 ans de plus...ça se voit mon cher Hasso !!
Pour faire une belle cicatrice, rien de plus simple, voir ICI. Vous pouvez essayer vous aussi avec un peu de colle, du coton hydrophile et un peu de sang !! Effet garanti !
Et puis ce n'est pas que le maquillage...mais aussi les postiches. Des favoris, une moustache qu'on doit rajouter.
Ils sont fait avec des cheveux naturels.
Une technique d'une minutie incroyable...On implante presque un par un les cheveux sur une sorte de tulle à l'aide d'un crochet.
Vous imaginez le temps que cela prend pour faire une perruque...D'ailleurs dans les grands films historiques, c'est un job à plein temps.
On colle les favoris, les moustaches avec de la colle à postiche. Pas marrant pour le comédien qui a souvent interdiction de boire ou de manger...ou presque ! Il n'est pas rare que le maquilleur vérifie à chaque prise la bonne tenue de la "chose" !
Ayant à l'époque les cheveux très longs...et souhaitant me les faire couper, j'avais demandé à mon coiffeur de me garder la tresse pour l'offrir à une maquilleuse. Beau cadeau, quand on sait ce que coute de vrais cheveux naturels...
Mes cheveux ont peut-être servi à la confection d'une moustache
pour Pierce ? Yeah...le fantasme ! lol (ou en perruque
pour Brad ?)
Celles qui, comme moi, aiment le beau Pierce...je vous recommande son dernier film très drôle Le matador
très anti-James, mais toujours aussi sexy !!
Et puis comme je dévis complètement du sujet (mais c'est quand même du cinéma, non ?), je vous apprendrais peut-être que Pierce peint aussi...voir ICI
Mais ce n'est pas mon peintre préféré...
mardi 18 juillet 2006
MA VIE DE CINEMA (7ème épisode)
A part ma caisse à outils...il y a des choses indispensables dans le cinéma...
Le "Bostik" (sorte de pate grise qui ressemble à la Patafix)
avec lequel on colle tout !!
Le "Lasso band" (sorte de ruban adhésif)
qui sert à tout fixer !
Et le café...
On "carbure" au café ! Sans café, pas de tournage(j'exagère un peu)!! On le garde au chaud dans de grands thermos à pompe. C'est sûr que le café allemand...c'est plutôt du "Sockensaft" (jus de chaussettes, mais quand on a les pieds dans la neige, les moonboots qui fuient et la goutte au nez
...on le trouve extraordinaire ce café chaud tiède.
Bon, d'autres carburent à d'autres choses...

...mon blog étant lu aussi par mes louloutes...vous comprendrez que je ne m'étende pas plus sur le sujet !! Ils ont beau être beaux, riches et célèbres...cela ne leur suffit pas. Pas facile de trouver la sérénité !
Pas facile quand on a 20 ans de comprendre tout cela...
Qui a dit que la vie de cinéma, c'était comme au cinéma ?
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